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Caméra extérieure : la placer sans filmer la rue et rester dans la loi

Avatar de Inès Cabrol

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Installer une caméra extérieure semble aujourd’hui aussi simple que de visser une ampoule : on la fixe, on ouvre l’application, et l’image arrive sur le téléphone en quelques minutes. Ce qui l’est moins, c’est de la positionner en restant dans les clous, un point que beaucoup de particuliers découvrent seulement après coup.

Ce que la loi autorise vraiment

La règle est plus stricte qu’on ne l’imagine : un particulier peut filmer l’intérieur de sa propriété — façade, jardin, allée privée — mais pas la voie publique, même pour surveiller sa propre voiture garée devant chez lui. Filmer le trottoir, la rue ou le terrain d’un voisin sans son accord expose à des sanctions bien réelles, au titre du respect de la vie privée.

Un particulier ne peut filmer que l’intérieur de sa propriété : l’intérieur de la maison ou de l’appartement, le jardin, l’allée d’accès privée. Il n’a pas le droit de filmer la voie publique, y compris pour assurer la sécurité de son véhicule garé devant son domicile — selon les recommandations de la CNIL sur la vidéosurveillance chez les particuliers.

Régler l’angle de vue avant de fixer le support

Avant même de percer un trou, il vaut mieux tester l’angle de vue de la caméra depuis le sol, smartphone en main, application ouverte. La plupart des modèles récents permettent de définir des zones de masquage numérique, qui floutent automatiquement une portion de l’image — utile quand un angle de rue ou le jardin voisin reste malgré tout dans le champ optique malgré une bonne orientation.

La hauteur d’installation, un détail qui compte double

Au-delà de l’orientation, la hauteur du support influence directement la légalité et l’efficacité d’une caméra. Trop basse, elle capte davantage la voie publique en arrière-plan dès qu’un passant s’approche ; trop haute, elle perd en capacité à identifier un visage à une distance utile. Une hauteur entre 2,20 et 2,80 mètres, orientée légèrement vers le bas, offre généralement le meilleur compromis pour surveiller une entrée sans élargir excessivement le champ capté vers l’extérieur de la propriété.

Vision nocturne et détection : bien régler, pas juste bien poser

La vision infrarouge permet de garder une image exploitable la nuit, sans éclairage additionnel qui alerterait un visiteur indésirable ou dérangerait un voisinage. Quant à la détection de mouvement, elle mérite d’être ajustée avec soin : trop sensible, elle déclenche une alerte à chaque chat qui traverse le jardin ; mal calibrée, elle rate le passage qui comptait vraiment. La plupart des applications permettent de dessiner une zone d’intérêt précise plutôt que de couvrir tout le champ de la caméra.

Le RGPD s’applique aussi chez soi

Contrairement à une idée reçue, le cadre du RGPD ne concerne pas que les entreprises : dès qu’une caméra capte, même partiellement, l’espace public ou la propriété d’un tiers, des obligations d’information et de conservation limitée des images s’appliquent. Un simple panneau visible signalant la présence de vidéosurveillance, quand la caméra couvre une entrée commune, évite bien des tensions de voisinage. La durée de conservation des images, elle aussi encadrée, ne doit pas dépasser ce qui est nécessaire à la finalité de sécurité poursuivie : au-delà d’un mois sans incident à signaler, les enregistrements les plus anciens devraient normalement être effacés.

Le cas particulier de la copropriété et du voisinage

En copropriété, installer une caméra qui filme même partiellement une partie commune, comme un hall d’entrée ou un parking partagé, suppose en principe d’en informer le syndic et les autres résidents, voire de passer par une décision d’assemblée générale selon la portée de l’installation. Entre voisins de maisons individuelles, un simple échange avant travaux évite bien des malentendus : montrer l’angle de vue prévu sur l’application, avant même de fixer le support, désamorce la plupart des inquiétudes légitimes d’un voisin qui découvrirait autrement une caméra tournée vers son jardin.

Le bon réflexe avant l’installation

Faire le tour de sa parcelle avec un mètre ou une application boussole, repérer précisément où commence le domaine public, et orienter la caméra 10 à 15 degrés en retrait de cette limite : ce simple geste suffit, dans l’immense majorité des cas, à rester parfaitement dans la loi sans perdre en efficacité de surveillance.

Une fois la caméra bien positionnée, elle s’intègre naturellement dans une installation domotique plus large : notre guide sur la domotique dans une maison ancienne explique comment la relier au reste des équipements connectés du foyer.

Pour le détail complet des règles applicables, la page de la CNIL sur la vidéosurveillance chez les particuliers reste la référence à consulter avant toute installation.


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